On ignore
à peu près tout des origines de la ville de
Béthune mais tous les historiens semblent d’accord
pour considérer qu’elle est
née autour de ce qui est devenu le quartier de Catorive.
Ce nom
même paraît annoncer un château construit
sur une
rive de la Lawe.
Les romains lors de
leurs conquêtes avaient pour habitude
d’établir de nombreux forts pour la
défense des zones frontières, on peut
penser que l’un d’eux fut établi au
milieu de ces terres fertiles en profitant
d’une boucle de la Lawe, rivière alors navigable
mais aussi protection
naturelle. On
sait toutefois, grâce au récit de la vie de St
Vaast, que
Catorive était déjà un village au
début du VI e siècle.
En effet,
après avoir été le
catéchiste de Clovis, Vaast, va
être envoyé par St Rémi pour
évangéliser les régions de Cambrai et
d’Arras. Il
incite les habitants, vers 502, à construire une
église dédiée à la vierge
sur
le point culminant de leur village (l’actuelle place Pasteur).
Les premières traces dans les archives
Faute
d’archives écrites, on ignore ce qu’il
advint de
Béthune et de Catorive jusqu’en 940.
Cependant la
découverte d’une pièce de monnaie
portant
l’inscription
« Bitunia », et datée
du VIIIe siècle, semble attester
de l’importance de la ville.
La cité est
considérée alors comme le « 3e
lieu entre les neufs principales villes
d’Artois », après Arras et St
Omer.
A cette date il est
fait mention d’Herman ou Hérémart,
seigneur de Béthune, homme d’une grande
piété, qui fait reconstruire
l’église
du VI e siècle et la dédit à St Vaast.
Toujours
identiquement située sur l’emplacement de
l’actuelle place
Pasteur, elle est plus grande et plus vaste que la
précédente église.
Le seigneur de
Béthune prend la précaution de faire
protéger
la construction de murailles, faites de grés
tirés des carrières proches,
pour la défendre des attaques.
Les Normands ont
déjà ravagé la région
pendant tout le IX e
siècle et ces précautions semblent indiquer que
Béthune sur l’emplacement de
Catorive a assez d’importance pour les intéresser.
Vers 989, le nouveau
seigneur de la ville est Robert 1er,
qui devait laisser à la ville ses armes.
Lui et son fils,
Robert II, doteront la ville d’une seconde
église dédiée à St
Barthélémy.
L’église
St Vaast de Catorive demeure cependant l’église
paroissiale.
Les temps difficiles : XIe et XIIe siècle Le XI
e et le XIIe siècles sont ceux de tous les malheurs
pour la ville et Catorive.
Destremblements de
terre se font ressentir en 1013, 1080, 1086, 1093 et 1094. Ils
dévastent la
région, provoquent des inondations qui en ravageant les
champs ensemencés amènent des famines.
La
région est aussi touchée par des
épidémies de peste qui
tuent plus de la moitié de la population.
En 1093, le mal des
ardents atteint Béthune et un chanoine
de St Barthélémy rapporte que les
églises étaient remplies de malades dont les
chairs semblaient se consumer jusqu’à
l’os. En fait cette maladie est provoquée
par un champignon, l’ergot, qui se développe dans
le seigle quand l’année est
pluvieuse.
Les
conséquences en sont la fermeture de certaines veines et
artères qui provoquent des gangrènes. Au
Moyen-age, on avait l’impression que
les malades se consumaientde
l’intérieur puisqu’ils se plaignaient de
brûlures mais qu’au toucher leurs
membres étaient glacés.
En
1188 une violente épidémie de
peste sévit, de nouveau, dans la région.
Une nuit, un
maréchal-ferrant de Béthune, Germon, et un
forgeron de
Beuvry, Gauthier, font le même rêve : St Eloi, leur
saint
patron, leur intime à l'un de se diriger vers Beuvry, et
à l'autre d'aller à Béthune. Il leur
demande
encore de créer une confrérie ou
charité qui
inhumera les morts. Le 21 septembre, ils se mettent en route,
arrivés à Quinty, ils se rencontrent et se
racontent
leurs rêves. Ils prient puis décident d'aller
prendre
conseil auprès d'un moine du couvent cistercien de St Pry
à Béthune. Celui-ci les encourage à
créer
la confrérie demandée et à se mettre
immédiatement au travail. St Eloi ne les
protége-t-il pas
et ne leur a-t-il pas assuré qu'ils ne seraient pas atteints
par
l'épidémie ? Aussitôt les deux hommes
commencent
à ensevelir les morts. Bientôt les habitants de
Béthune et de Beuvry les aident dans leur tâche.
Peu
à peu l'épidémie cesse. Aucun
charitable n'est
mort et aucun ne mourra jamais, pendant l'exercice de ses fonctions,
d'une maladie contagieuse...
Depuis, les charitables se chargent des
enterrements à Béthune. Suite à
l'injonction d'un
evêque d'Arras leur demandant en 1853 de se soumettre
à
l'autorité de l'église ou de se dissoudre, la
confrérie est devenu laïque. De nos jours, il
assurent
gratuitement le service des inhumations quelle que soit la confession
du défunt. Ce sont des bénévoles de
toutes
origines sociales et religieuses.
La Lawe fait vivre
les habitants.
Remontent par la
Lawe, du vin venu de la région de Bruges,
du poisson (hareng et saumon), de la laine, des peaux, du sel et des
épices.
Descendent la
rivière, de l’avoine, du blé, des
draps, du
sable, du gré et de la chaux.
La Lawe, qui se
jette dans la Lys à La Gorgue permet en
effet de commercer avec de grandes villes comme Gand, Anvers, Cambrai
ou
Valenciennes ou même avec Lille en remontant la
Deûle.
Béthune
est alors une plaque tournante et Catorive est le
quartier où tout arrive et d’où tout
part.
Devant tant de
fléaux, les hommes de ce temps se tournent
vers la religion.
Au XII e
siècle, Robert IV multiplie les créations de
chapelles, au Perroy, en centre ville et près de
l’église St Barthélémy.
On voit que la
ville s’étend et que Catorive perd de plus en
plus son rôle de centre.
Cependant, encore
à cette époque, tous les grains
récoltés
dans la région doivent impérativement
être apportés et exposés pour la vente
à
Béthune et le transport se faisant essentiellement par voie
d’eau (beaucoup
moins cher), le quartier demeure essentiel.
Les bestiaux eux
aussi, sont acheminés par la Lawe et les
nefs qui la remontent alors peuvent porter jusqu’à
30 tonnes de marchandises.
Béthune remplace Catorive : XIIIe, XIVe et XVe
siècle.
En 1238, quand
Robert VII entreprend de renforcer les
fortifications de la ville, Catorive est laissé hors des
murs et devient le
faubourg de Catorive ou plus exactement selon les archives, le faubourg
St
Vaast.
Toutefois les
habitants de Catorive dépendent de la justice
échevinale de Béthune, comme le confirme la
charte de 1334. D’ailleurs pour
éviter toute contestation, de grosses bornes de
grés portant les armes de la
ville sont plantées aux extrémités de
ce qu’on nomme alors la banlieue. La
banlieue à cette époque correspond à
une zone d’une lieue (4 à 5 km) autour
d’une ville sur laquelle s’exerce la justice
communale (le ban).
En 1346,
Béthune est assiégé par les Flamands
et ses
faubourgs détruits. Mais la ville ne se rend pas.
Elle obtient de ses
seigneurs, en récompense de sa
résistance aux Flamands, une charte l’autorisant
à construire un beffroi de
bois. Ce beffroi pourra même être pourvu de cloches
et servir de prison
communale. Il sera remplacé par le beffroi de
grés, qui s’élève toujours
sur
la Grand-place, en 1388 mais il ne servira plus de prison. La ville
semble
s’être relevée assez rapidement puisque
dès 1372, Marguerite d’Artois,
reconnaît son importance, en y instituant tous les lundis un
important marché
aux grains.
En 1450,
Béthune devient propriété du duc de
Bourgogne
Charles le Téméraire qui domine alors outre la
Bourgogne, les Flandres, la
Franche-Comté, l’Artois et une partie de la
Belgique actuelle.
De nouveau ses
fortifications sont renforcées mais Catorive
reste hors les murs.
Après la
mort du duc, Béthune doit passer sous la domination
de la maison d’Autriche suite au mariage de Marie de
Bourgogne, son unique
héritière avec Maximilien, archiduc
d’Autriche.
Mais Louis XI,
profitant de la déroute de la Bourgogne
s’empare de la ville en 1477.
Les fortifications
sont de nouveau réparées.
En 1488, Maximilien
d’Autriche, envahit l’Artois pour
réclamer l’héritage de sa femme, Marie
de Bourgogne morte après avoir donné
naissance à un fils qui devait être le
père du futur Charles Quint.
Le déclin de Catorive se confirme : XVIe
siècle. En 1510, la Lawe qui
jusqu’alors n’était navigable que
jusqu’au faubourg de Catorive est prolongée, par un
canal de près d'un kilomètre et demi, jusqu’à la ville (en
bas de l’actuelle place Joffre), dès lors le
faubourg perd de son importance.
Les
dépôts de marchandises sont
transférés à l’emplacement
de ce qui devient le faubourg du rivage (en bas de l’actuelle
place Joffre).
En 1522, la ville
est touchée par la peste.
En 1527, la guerre
reprend entre la France et l’Espagne,
l’Artois, la ville de Béthune et plus encore ses
faubourgs subissent de
nouvelles destructions.
De nombreux travaux
sont engagés de 1528 à 1530 pour
renforcer les fortifications.
Charles-Quint
voulant resserrer l’enceinte des
fortifications ordonne, en 1533, que l’église St
Vaast de Catorive, détruite,
soit reconstruite au centre de la ville, sur l’emplacement de
l’église
actuelle.
Il ne subsiste plus
alors sur le site que le cimetière qui
l’entourait.
En 1544, une
chapelle y est édifiée, on y dit des messes basses les
dimanches et jours de fêtes pour permettre à ceux qui sont
retenus dans le faubourg par leurs tâches d'assister à
l'office.
En 1551, Marie,
gouvernante des Pays-Bas, ordonne de
détruire toutes les maisons dans les faubourgs
jusqu’à une distance de 400
pieds des fossés de la place. Une partie de Catorive
disparaît.
En 1557, nouvelle
peste et une fois encore, le faubourg,
paye un lourd tribut. La ville perd 2000 habitants.
Les temps d'instabilité : XVIIe et XVIIIe
siècle.
Vers 1600, la
région connaît une période de
prospérité. Les
campagnes deviennent fertiles. Le commerce se développe.
Une
faïencerie semble avoir existé au faubourg de
Catorive
près du site de l’ancienne station
d’épuration au bout de l’actuelle rue
Jean
Rostand.
En 1615, la ville
achète 2 mesures de terre près du
Mont-Sorel pour y établir un hospice des
pestiférés.
Malheureusement il
se révèle trop petit lors de la peste qui
touche la ville en 1625-1626. Philippe, roi de Castille donne 7000
florins à la
ville pour lui permettre d’acheter des terrains et des bois
supplémentaires
pour construire des huttes où sont soignés les
malades, mais aussi y établir
des fosses communes. Les pestiférés y sont pris
en charge par des béguines et
des pères capucins.
En 1618
éclate la guerre de 30 ans entre la France et
l’Espagne. Au début de la guerre
l’Artois est épargné.
Mais en 1642, de
nouveau, les Espagnols investissent la ville. De
nouveau les faubourgs sont détruits et pillés.
En 1645, les
Français entreprennent de reprendre la ville.
Le 26
août, lendemain de leur arrivée, le faubourg de
Catorive est emporté.
La place capitule
dès le 29 août.
En 1646, les
environs de Béthune souffrent d’une attaque des
Espagnols qui tentent de reprendre la ville.
C’est le
traité des Pyrénées, en 1659, qui
donne la ville à
la France.
Entre 1679 et 1688
Vauban fortifie la ville.
Selon sa conception
du « pré
carré », deuxlignes de villes fortifiées doivent
protéger
efficacement le royaume.
La
première ligne se compose des places fortes de Dunkerque,
Bergues, Furnes,Knokke,
Ypres, Menin,
Lille, Tournai, fort de la montagne, Condé, Valenciennes, Le
Quesnoy, Maubeuge,
Philippeville et Dinan.
Béthune
fait partie de la 2e ligne de villes
fortifiées avec Gravelines, Saint-Omer, Aire, Arras, Douai,
Bouchain, Cambrai,
Landrecies, Avesnes, Mariembourg, Rocroi et Charleville.
Plan de BETHUNE fortifié
Béthune
va encore connaître lors de la guerre de succession
d’Espagne un terrible siège.
Le 1er
novembre 1700, Charles II d’Espagne meurt sans
héritier, désignant, par
testament, comme successeur un prince français, Philippe
d’Anjou, fils de Louis
XIV. Après avoir longuement hésité
Louis XIV accepte l’héritage.
Dès
1702,
une guerre éclate entre la France et une coalition
formée de l’Angleterre, la
Hollande, la Prusse et l’Autriche qui ne souhaitent pas voir
un prince français
sur le trône d’Espagne.
Dans un premier
temps, les Français remportent des
victoires mais en 1708, Lille assiégée tombe et
la brèche est ouverte dans la
première ligne de défense française.
Le 11
septembre 1709, les Français reprennent l’avantage
et Villars bat les alliés
mais l’hiver approche et il est contraint à la
retraite.
Cet hiver
1708/1709 est un des plus rigoureux qu’ait connu la France,
on raconte que le
vin gelait entre les cuisines et la table du roi à
Versailles.
Les
habitants de Béthune et du faubourg de Catorive sont
durement touchés, et les
nombreux morts sont enterrés dans le cimetière du
petit St Vaast qui se situe
sur l’emplacement actuel de la place et de
l’école Pasteur.
On en
refait même la clôture car il a fallu
l’étendre.
En
juillet, les alliés qui viennent de conquérir
Douai en juin et d’échouer devant
Arras mettent le siége devant Béthune.
Le 15
juillet les faubourgs sont incendiés par les
défenseurs en prévision du siège
et le faubourg de Catorive est inondé par
l’ouverture des écluses. Les deux
moulins que possédaient Catorive, qui figurent sur un plan
de 1705, et devaient
se situer sur l’actuelle rue du quai de Bruay autrefois rue
des deux moulins sont détruits.
Le 16
juillet, les assaillants détournent la Lawe pour
qu’elle ne pénètre plus dans
la ville et creusent un canal pour assécher les inondations.
A partir
du 2 août Béthune est
régulièrement bombardée.
Le 27
août une brèche importante est ouverte dans le mur
du château (situé sur
l’actuelle place Foch)
Le 29, le
lieutenant-général Dupuich-Vauban, neveu du
célèbre ingénieur rend la place.
Le 31
août la garnison française quitte la ville avec
les honneurs de la guerre,
c’est à dire avec armes et bagages, tambours
battants et drapeaux déployés.
De
nouveau le faubourg est reconstruit par ses habitants.
La ville
reste 3 ans sous domination hollandaise.
La population vit
mal cette occupation qui s’accompagne de
la création de temples protestants.
Une
potence est érigée sur le site de Catorive.
Le jour
de l’entrée de la garnison française
dans
Béthune, qui est devenue définitivement
française
suite au traité d’Utrecht, les enfants de la
ville, iront
abattre cette potence
et enterrer les pendus qui s’y trouvaient exposés.
La
région
connaît alors quelques décennies de paix et la
population se développe.
Lors du
recensement de 1789, Catorive compte 353 habitants ce qui en fait
l’un des
trois principaux faubourgs de Béthune avec ceux de Lille et
du rivage
En 1779,
pour satisfaire aux nouveaux besoins, un terrain est béni au
faubourg de
Catorive pour servir de cimetière aux défunts des
paroisses St Vaast et Ste
Croix.
Le
premier corps y est inhumé le 16 juillet 1779.
On cesse
pendant la Révolution d’y enterrer de 1794
à 1802.
Il
redevient le principal cimetière de la ville
jusqu’en 1840, date de l’ouverture
du cimetière nord.
En 1793/1794, est
construite la lunette du faubourg de
Catorive, partie des remparts de la ville, située entreles rues Pasteur et
Juvénal Bienaimé : c’est un ouvrage
avancé en terre, à fossés
secs.
La chapelle du
petit Saint Vaast dont les fondations semblent
avoir étéretrouvées
en 1996 et située
place et rue Pasteur est acquise comme bien
d’église en 1793 par Hoffman,
tailleur d habits, et détruite peu après.
La transformation de Catorive : le XIXe siècle
En juillet 1815,
des royalistes pressés soit de mettre
Béthune, considérée comme ville
bonapartiste, au pillage, soit de fêter en
avance le retour de Louis XVIII, tentent de mettre le siège
devant la ville.
Comme ils sont pour
la plupart originaires de ce qu’il est
convenu d’appeler le Bas-pays, ils se présentent
au faubourg de Catorive avec
un canon de bois monté sur des roues de chariot. La garnison
tire un coup de
canon et tous s’enfuient. Mais leur meneur, un
dénommé Fruchart, fut plus tard
nommé porte-drapeau dans la garde royale pour son coup
d’éclat !
1825 voit
l’inauguration du canal d’Aire à La
Bassée qui
relie la Deûle à la Lys. Il établit la
communication avec les ports du
littoral, les centres industriels de la région lilloise,
Saint-Quentin et
Paris et permet de raccourcir le trajet de 50 kilomètres entre l'Aa et l'Escaut.
Il change la
physionomie de Catorive, et, si les quais de
déchargement de la ville se trouvent toujours au faubourg du
Rivage, il aura un
rôle important pour le faubourg quand le temps des mines
viendra.
Le vieux canal
Le 24 juin 1852
éclate un violent incendie au faubourg de
Catorive.
Le 26 avril 1863,
nouvel incendie qui détruit une partie
du faubourg. Un enfant est brûlé. Une souscription
publique est lancée pour
permettre aux habitants du quartier de rebâtir leur maison.
En 1870, le
démantèlement des fortifications commence. En
10 ans, toute trace en disparaît.
Dès
1871, la Compagnie des mines de Bruay entreprend de
creuser un rivage à Catorive auquel aboutit un chemin de fer.
En 1872, le
quartier de Catorive compte de nouveau 138
maisons pour 597 habitants. Il vit à la fois de
l’agriculture et du commerce
avec les mariniers qui empruntent le canal.
En 1875, la gare
d’eau des mines de Bruay est achevée.
Le
développement de l’exploitation du charbon et
cette
création vont donner une nouvelle vie au vieux quartier. Des
commerces
s’installent à proximité des nouvelles
installations.
Dès
1876, le chargement des péniches se fait
mécaniquement
grâce à 2 culbuteurs hydrauliques mis au point par
M. Fougerat, ingénieur de la
compagnie des mines de Bruay.
En 1877, une
médaille est frappée pour commémorer
l’événement.
Le quai de la Compagnie des Mines de Bruay
En 1879, la Lawe
entre en crue et inonde une partie de
Catorive. Il en est de même en 1880, 1881, 1888, 1894, 1898.
Un début de XXe siècle difficile, la Grande Guerre
Le quartier
connaît de
nouvelles inondations en 1903 et surtout en 1910, année de
grandes inondations partout en France.
En 1912, la
Compagnie des mines de Bruay a expédié 843000
tonnes de charbon par voie d’eau.
Un tiers du charbon
extrait sur ce secteur transite par le
canal.
A la veille de la guerre, le port fluvial de Béthune est classé parmi les 25 premiers de France.
Au début
de la 1ère guerre mondiale,
l’avance
allemande est rapide, on les voit à Noeux les Mines, dans le
Bas-pays, et même
dans les faubourgs de Béthune dans la nuit du 3 au 4
septembre.
Les troupes
anglaises y sont pourtant arrivées dès le 9
août.
En octobre, la
ville est placée dans le secteur anglais. Les
habitants logent une partie des troupes.
Des mess sont
installés dans des maisons particulières.
Début
1915 de violents combats se déroulent dans le
Bas-pays, les blessés sont évacués
vers Béthune et traversent Catorive parfois
dans des autobus à impériale venus
d’Angleterre.
En septembre, la
ville a déjà subi 53 bombardements et
reçu
plus de 2000 obus.
En 1916, ce front
se calme. L’ensemble de la ville continue
à vivre quasi normalement, seuls des femmes et des enfants
ont été évacués.
Béthune est cependant bombardé le 7
août.
Le 11
août la ville reçoit la visite du roi
d’Angleterre,
George V, et le 16 octobre celle de Raymond Poincaré,
Président de la
République.
En
décembre, de nouveau, la Lawe envahit le vieux quartier et
toute sa partie basse se trouve sous les eaux. Les habitants se
déplacent en
barque et sont souvent ravitaillés par les soldats.
1917 est plus
calme, même si le front est proche.
La ville
n’est bombardée que 3 fois.
Le 18
décembre les obus tombent sur la sacristie de
l’église
St Vaast à l’heure du salut.
Les bombardements
se poursuivent en janvier.
Georges
Clémenceau vient à Béthune le 25
février lors d’une
visite d’inspection.
En avril, les
Allemands gagnent du terrain, ils arrivent sur
Béthune par le Bas-pays. Fin mars, ils sont à 3
km de Catorive.
La ville subit des
bombardements réguliers et le beffroi brûle.
Le 12 avril,
Clémenceau est de retour. Il est
décidé de
tenir coûte que coûte pour préserver les
mines de Bruay, Marles et Auchel. Mais
Béthune doit être évacué.
Des milliers de Béthunois partent sur les routes.
L’artillerie
allemande semble s’acharner sur la ville.
Les
armées alliées déclenche à
l’été une violente offensive
et le 16 octobre tout le Pas de Calais est abandonné par
l’ennemi.
Enfin, le 11
novembre l’armistice est signé.
Catorive a souffert
de la guerre, un tiers des maisons ont été
détruites et un autre tiers est
à abattre.
D’août
1914 à avril 1918, les quais de déchargement de
la Compagnie
des mines de Bruay ont grouillé
d’activité.
Mais en 1918 suite
à de violents bombardements, les voies
ferrées ont été gravement
endommagées.
La remise en
état de l’ensemble des installations de la
Compagnie prendra 5 ans.
Le quartier va se
relever une fois de plus.
La crise des années 30 et la 2e Guerre Mondiale
Le quartier reprend vie
notamment grâce au canal. Béthune est entre les deux
guerres, un des 10 premiers ports fluviaux français.
Mais en 1931,
apparaissent dans la région les premiers signes de
la crise économique partie des Etats-Unis en 1929. Le cour
du blé s’effondre
ainsi que celui des bêtes, la période est
difficile pour les agriculteurs de
Catorive. Pour compenser, les paysans augmentent la production. Le
Béthunois
demeure calme malgré les difficultés.
Le quartier est
aussi touché par la crise dans les mines
amorcée dès 1930. Devant la réduction
de la consommation de charbon par
l’industrie, les mines réduisent leur production.
Qui dit moins de charbon
produit, dit moins de charbon transitant par Béthune et donc
moins de commerce
que ce soit avec les mariniers ou avec les employés des
compagnies des mines.
Le 15 novembre
1933, est exécuté devant la prison à
la limite
du quartier de Catorive, le meurtrier d’une femme de 77 ans,
ch’cabot.
En 1934,
conséquence de l’important chômage que
connaissent
les ouvriers de la région, des grèves
éclatent un peu partout.
Jusqu’en
1936 les troubles sociaux seront fréquents.
Quand la guerre est
déclarée en septembre 1939, la
population se rassure en voyant arriver le corps
expéditionnaire britannique
qui s’installe pour partie, comme lors de la
Première Guerre, chez
l’habitant.
Mais en mai 1940,
devant l’avancée des troupes allemandes, les
Anglais reculent et la population se jette sur les routes.
Le 22,
l’Etat-major allié a perdu tout contact avec
Béthune.
Le Nord-Pas de
Calais est isolé du reste du pays.
Le 27, la
région est totalement occupée.
Commencent alors
quatre années d’occupation, la région
est
rattachée au Militärbefehlsaber (commandement
militaire) de Bruxelles et isolée
du reste du pays avant même la signature de
l’armistice. Ceux qui avaient pu
franchir la Somme ne pourront regagner leur foyer qu’en
décembre 1941.
Pour les paysans de
Catorive qui n’ont pas quitté leur ferme
ou qui y sont retournés n’ayant pu franchir la
Somme, les choses se présentent
mal, des bêtes ont été tuées
ou réquisitionnées, la moisson
s’annonce mauvaise.
Dès l’hiver suivant la région
connaît une véritable crise de subsistance. A
partir de mars 1941, les bouchers ne peuvent plus assurer
qu’une vente
hebdomadaire.
Pour les ouvriers
du quartier, les salaires bloqués au taux
de mai 1940, ne permettent qu’une pénible survie
au prix de files d’attente
interminables pour obtenir les denrées prévues
par les cartes d’alimentation
(quand elles sont disponibles).
En mai-juin des
grèves éclatent dans l’ensemble du
bassin
minier :80 %
des mineurs cessent le travail soit 100000 hommes.
Devant la
sévère répression, la grève
cesse après 10 jours.
Et le charbon
arrive de nouveau sur les quais des compagnies
des mines.
Ceci
jusqu’en octobre 1943, une nouvelle grève est
cependant
rapidement maîtrisée par les Allemands qui placent
des mitrailleuses à l’entrée
des fosses.
A partir
d’avril 1944, pour tromper l’ennemi sur le lieu du
futur débarquement, la région subit des
bombardements quotidiens.
Les mines
souffrent, les voies ferrées sont détruites.
En août
l’occupant commence son repli, les Alliés sont
à
Béthune le 4 septembre.
Les destructions
matérielles sont considérables.
Il va falloir une
nouvelle fois reconstruire.
Cette fois
cependant le quartier a peu souffert de la
guerre.
Déclin et renouveau de 1945
à nos jours
Après
guerre Catorive demeure un quartier vivant avec ses
commerces, quelques fermes et toujours l’animation
provoquée par les quais des
houillères. Les compagnies des mines ont
été privatisées en 1945 mais le besoin
de charbon est énorme et les fosses tournent à
plein rendement.
La voie
d’eau, comme depuis toujours fait vivre le quartier.
Jusqu’en 2000 s’y tient la bourse
d’affrètement.
Peu à
peu, les mines ferment et les quais sont abandonnés
puis les commerces ferment les uns après les autres.
En 1972, le canal
est rebouché et remplacé par un
parc.
Ce qui fut le
cœur de la ville se meurt.
Mais comme toujours
Catorive semble vouloir renaître de ses
cendres et depuis quelques années le quartier reprend vie,
se sont construits sur les
anciennes pâtures, des immeubles de logement, une maison de
retraite et même
sur l’ancien canal un lotissement habité par
d’anciens mariniers.
Revanche du passé, Catorive est en passe de devenir un
quartier résidentiel.